Pierre Clément a commencé par fabriquer des graveurs de vinyles avant de s'intéresser naturellement aux lecteurs, aux bras et plus particulièrement aux cellules. Ses matériels ont équipé l'ORTF durant de nombreuses années et la réputation des cellules Clément est telle qu'on écrivait à l'époque dans la presse spécialisée qu'elles étaient tout simplement les meilleures du monde, toutes marques confondues.

Hélas pour nous, Pierre Clément n'a pas voulu s'atteler à le conception de cellules stéréo lorsque la stérépophonie s'est imposée. Actuellement, l'écoute sur un système de qualité d'une cellule mono Clément en bon état de marche, autrement dit avec une suspension refaite et une pointe en bon état, reste une expérience inoubliable tant elle semble toujours insurpassée.

A noter que tous les préamplificateurs ne la supportent pas sans d'éventuelles saturations. Le niveau de sortie d'une cellule Clément avoisine en effet les 20mV (!) et peut aller jusqu'à 28mV.

 

  • Tout sur les cellules et les bras Clément

    Les cellules Clément ne sont ni des MM (aimant mobile), ni des MC (bobine mobile), ni des IM (aimant induit), elles sont dites à réluctance variable (VR). Le circuit magnétique d'une cellule à réluctance variable comporte un aimant, une pièce polaire rigide et une pièce polaire souple. Lorsque cette dernière se déplace, la réluctance du circuit change et une tension apparaît aux bornes de la bobine.

 

  • La toute première cellule Clément a été conçue pour l'ONU en 1949. Elle était destinée à l'écoute des séances enregistrées et gravées sur des shellac de 45 cm (matériau précédent le vinyle et dont sont faits les 78trs).

    Le bras était donc long et l'on remarque que c'est le connecteur de la cellule qui est coudé et non le bras. La palette porte-pointe est encore dans l'axe de la cellule.

1949: la première cellule Clément

C'est vers 1952-1953 que Pierre Clément a commencé à fournir la RTF (Radio Télédiffusion Française). Les cellules se sont alors allongées tout en conservant leur forme cylindrique. Les toutes premières étaient incolores (couleur alu), puis très vite, les cellules microsillon sont devenues rouges et les 78 tours incolores brillantes afin de les repérer aisément dans les régies. A la demande de la RTF, toutes les cellules microsillon étaient pourvues de saphirs et non de diamants, une préférence que semblait également partager Pierre Clément.

Les 57 éléments d'une L4

Cellule L4, identique de l'extérieur à la L6. La couleur rouge indique une cellule microssillon ORTF.

On remarque que le connecteur est revenu dans l'axe du corps de la cellule et pourtant le bras est toujours invariablement droit. L'erreur angulaire est désormais corrigée par la position désaxée de la palette. Sur ces cellules de première génération, la fixation se fait par le dessus.

Plus tard, elle sera latérale :

 

Il existe deux types de palettes porte-pointe, de grande et de petite taille. La vis et son pas, correspondant à chaque type de palette, ne permettent pas d'interchanger les unes avec les autres, sauf à se risquer à d'hasardeux bricolages. Autrement dit, si la cellule est la même, la fixation du porte-pointe ne l'est pas. Les petites palettes ayant des pointes plus fines, la bande passante de ces cellules est un peu plus étendue dans l'aigu, vers les 18 Khz, contre 16 Khz pour les grandes palettes. La RTF, avant tout pour des raisons de solidité, n'utilisait que des grandes palettes.

 

  • Télécharger le tableau des caractéristiques complètes des cellules Clément

(Tableau à imprimer au format Excel 28Ko)

(Document format Acrobat 3,6Mo)

(Document format Acrobat 1,7Mo)

(Document format jpg 408Ko)

 

  • Télécharger l'article de la RDS n°59-60 (Mars-Avril 1958) : cellules mono

(Document format Acrobat 2,8Mo)

  • Télécharger l'article de la RDS n°201 (Janv. 1970) : platine tangentielle

(Document format Acrobat 2,5Mo)

  • Télécharger l'article de la RDS n°9 (Déc. 1953) : platine-préampli

(Document format Acrobat 2,9Mo)

 

 

S'il est assez aisé de différencier à la loupe une pointe 78 tours d'une pointe microsillon (plus petite), il est à priori moins facile de différencier un saphir d'un diamant au bout de sa palette. Ces dernières étaient ainsi marquées de points de couleur répondant à une codification précise.

Codes couleur des palettes porte-pointes

Platine H4 restaurée

Rien Saphir 78 tours premier modèle
Bleu Diamant 78 tours
Rouge Saphir microsillon
Rouge & Bleu Diamant microsillon

Sur le bras Clément fabriqué entre 1949 et 1966, la force d'appui de la tête sur le disque est déterminée par la différence entre le poids de la cellule et la tension du ressort inclus dans le bras et le tirant la cellule vers le haut.

Ainsi les cellules ne font pas toutes le même poids, la force d'appui allant de 3g pour les têtes L6M (couleur or) jusqu'à 14g pour les têtes 78trs. (Voir ci-dessus document à télécharger).

Vers 1966, est arrivé un autre bras, très proche de ce que sera le bras Schlumberger, mais sans réglage. Un contrepoids a remplacé le ressort et le poids de la tête de lecture reste toujours le second paramètre qui va déterminer la force d'appui.

 

 

Platine H4 munie de son préamplificateur, placé sous le bras. A droite, un amplificateur mono Clément.

En Mai 1970, Pierre Clément est mort, sans avoir voulu, hélas, réaliser une cellule stéréo. Même du côté des électroniques, il n'y aura que quelques exemplaires d'amplificateurs stéréo (moins de 20).

Presqu'un an plus tard, sa société a été rachetée par Schlumberger, qui ne fera pas évoluer le matériel Clément, si ce n'est le rajout d'une bague et d'un contrepoids réglable sur le bras Clément de dernière génération.

Platine Schlumberger 222

 

Cette page sera progressivement enrichie d'autres documents



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